Le Haut Conseil de la Communication (HCC), avec l’appui de la Division des droits de l’homme de la MINUSCA, a organisé, du 21 au 22 octobre 2026, un forum national des médias dans la salle de conférence de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), à Bangui. Placée sous le thème de la déontologie, de l’usage responsable de l’intelligence artificielle et de la prévention des messages de haine et d’incitation à la violence, cette rencontre vise à renforcer la responsabilité des professionnels des médias dans un contexte marqué par la multiplication des contenus diffusés sur les plateformes numériques.
Pendant deux jours, journalistes et participants ont échangé sur les défis liés à la circulation des fausses informations, aux discours de haine et aux risques d’incitation à la violence. Les discussions ont également mis l’accent sur le respect des règles déontologiques, la vérification des sources et l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle dans le traitement et la diffusion de l’information. Pour les organisateurs, il est essentiel que les professionnels des médias s’approprient ces enjeux afin de contribuer à la paix, à la cohésion sociale et au vivre-ensemble en République centrafricaine.
À cette occasion, le président du Haut Conseil de la Communication, José Richard Pouambi, souligne la responsabilité qui incombe aux journalistes dans la diffusion de l’information. « L’intelligence artificielle constitue un outil qui peut faciliter le travail des professionnels des médias. Toutefois, son utilisation doit s’accompagner de rigueur, de discernement et du respect des principes déontologiques. Le journaliste doit toujours vérifier les informations avant leur diffusion et mesurer les conséquences de ses publications sur la société », déclare-t-il.
De son côté, Sylvestre Pakabomba, chef de la Division des droits de l’homme à la MINUSCA, insiste sur la nécessité de concilier la liberté d’expression avec le respect des droits humains. « Les médias jouent un rôle essentiel dans la consolidation de la paix et la prévention des conflits. Face aux discours de haine et aux messages susceptibles d’inciter à la violence, les professionnels de l’information doivent faire preuve de responsabilité et privilégier des contenus qui favorisent le dialogue, la tolérance et le respect de la dignité humaine », affirme-t-il.
Pour Destinia Galeyang, participante au forum, cette rencontre représente une occasion de renforcer les connaissances des acteurs des médias face aux nouvelles exigences du métier. « Les échanges nous permettent de mieux comprendre les risques liés à la diffusion des informations non vérifiées et à l’utilisation des outils numériques. Nous devons redoubler de vigilance, vérifier nos sources et éviter de relayer des contenus susceptibles de provoquer des tensions entre les communautés », souligne-t-elle.
Au terme de ces deux journées d’échanges, la question de la responsabilité des médias face aux transformations numériques demeure au centre des préoccupations. La maîtrise des outils technologiques, la vérification des faits et le respect de la déontologie apparaissent comme des exigences indispensables pour préserver la crédibilité de l’information et prévenir la propagation des discours de haine.
À travers ce forum, les acteurs présents sont ainsi appelés à faire de l’éthique et de la responsabilité professionnelle des repères essentiels de leur travail quotidien, notamment dans les radios communautaires, qui jouent un rôle important dans l’information et la sensibilisation des populations.
